Que s’est-il passé le 14 Janvier ?
Pour moi, le départ de Ben Ali a été envisagé et planifié par les américains et français bien avant le 14 janvier et des remplaçants éventuels ont été désignés.
Les télégrammes dévoilés par Wikileaks démontrent bien que les américains ne pouvaient plus travailler avec Ben Ali et qu’ils méprisaient les trabelsis profondément. Kamel Ltaïef est très proche des américains et a toujours bénéficié de leur protection.
Côté français, le rejet de ben Ali n’était pas à l’ordre du jour et ils pensaient qu’il allait continuer à diriger la Tunisie, au moins jusqu’en 2019, mais les hautes sphères du pouvoir en France étaient harcelées par les opposants tunisiens en Europe et les scandales successifs impliquant les Ben Ali / Trabelsi commençaient à être fort gênants.
En réalité, Ben Ali et sa famille n’étaient pas acceptés par la haute bourgeoisie de la Tunisie. Bien que la plupart des grands hommes d’affaires ait profité des largesses du régime et bien contribué à la généralisation de la corruption dans le pays, ils en étaient dégoutés en leur fort intérieur et la féroce cupidité des trabelsi les effrayait par rapport à leur avenir et sécurité économique.
La bourgeoisie tunisienne et la sphère des grands hommes d’affaires s’est divisée en trois parties.
1- Les hommes d’affaires intouchables par leurs influence économique internationale et totalement éloignés de la politique qui n’ont jamais voulu se rapprocher des Ben Ali et compagnie (exmple : le groupe Elloumi, Poulina, etc) et les petits entrepreneurs qui travaillaient honnêtement et qui se contentaient de payer le 2626 sans essayer de faire partie ni d’une association ni d’une cellule du RCD.
2- Les hommes d’affaires ayant ouvertement choisis de s’allier par les liens du sang à la famille « régnante » qu’ils ont jugée éternelle et définitivement faisant partie de la haute bourgeoisie et du milieu des affaires en Tunisie (Jilani, chiboub, Mabrouk, …)
3- Les hommes d’affaires opportunistes qui sans être proches des Ben Ali / Trabelsi ont quand même profité du système à travers leurs sbires et étaient prêts à aller encore plus loin dans la corruption et les magouilles.
En fait dans tous les milieux et partout en Tunisie, Ben Ali n’était pas respecté, mais craint. Il ne disposait en effet que du soutien de quelques milliers de RCDistes faibles d’esprit et très manipulables comme la fameuse avocate de « Allahou Ahad Allahou Ahad, Ben Ali ma kifou 7ad » Que dieu lui vienne en aide.
Pour synthétiser, la Tunisie est arrivée à une situation très propice à la révolution qui a commencé depuis 2008 avec les évènements du bassin minier. Ben Ali avait perdu le respect du peuple, le soutien d’une grande partie des hommes d’affaires et de la bourgeoisie, le soutien des américains et la confiance des français.
Je me rappelle avant le 14 Janvier sur Facebook, un présumé membre des forces armées avait posté un texte ou il disait : « Le peuple doit envahir les rues partout en Tunisie, pour que les militaires puissent mettre Ben Ali dehors ». Nous savons tous que Rachid Ammar est très proche des américains et nous savons aussi que les américains n’avaient plus envie de travailler avec Ben Ali, c’est pour ça que je pense qu’un coup d’état militaire était en préparation.
Le hic, c’est que le coup d’état n’était pas prévu pour le 14 Janvier et le départ de Ben Ali a été totalement non planifié. Je ne sais pas qui a pris l’initiative d’appeler Mohamed Ghannouchi, abdallah Kallel et Foued Mbaza3 afin qu'ils annoncent la vacance du pouvoir et l’application de l’article 56 de la constitution, mais il est certain que la sécurité présidentielle et Ali Seryati n’étaient pas derrière la tentative de coup d’état sinon ils auraient interdit l’accès à Ghannouchi et compagnie et les auraient peut être même arrêtés, au contraire, ils les ont laissé accéder au palais de Carthage et bénéficier d’une transmission télévisuelle.
Ben Ali s’est donc envolé vers l’Arabie Saoudite avec sa femme, dès que l’avion a quitté l’espace aérien tunisien, la décision a été prise pour qu’il ne revienne plus en Tunisie et a été transmise à Ghannouchi, au gouvernement tunisien et à l’Arabie Saoudite. Mais qui a pris cette décision ? Qui a décidé que Ben Ali ne reviendrait plus en Tunisie ? Pour ma part, je pense qu’en premier lieu, ce sont les américains après concertation avec l’armée et la France. Rachid Ammar s’est ensuite chargé d’exécuter les ordres et de ne plus permettre à Ben Ali de revenir en Tunisie.
La nuit du 13 janvier, alors que Ben Ali venait de finir son discours promettant monts et merveilles aux tunisiens, les snipers sévissaient toujours et les vidéos des victimes pleuvaient sur le net.
Je pense sincèrement que les snipers et pour bien les distinguer, il ne s’agit pas des simples policiers qui ont tiré depuis leurs voitures ou à pieds, mais bien des snipers qui sont même arrivés à toucher des cibles, alors qu’elles étaient chez elles, derrière les fenêtres. La mission des snipers n’était pas de mater les manifestants, au contraire, ils faisaient tout pour raviver les foules et accroitre leur rage afin de fragiliser encore plus Ben Ali. Les snipers faisaient partie du plan du coup d’état et je dirais qu’ils faisaient partie de l’armée et pas de la police.
Autre chose, le 14 Janvier et comme par hasard, le même jour, toutes les maisons et résidences des trabelsi et Ben Ali ont été prises d’assaut sans que l’armée n’intervienne, est-ce un hasard ?
Il est donc évident qu’un coup d’état imprévu a eu lieu le 14 janvier et que la garde présidentielle, en appelant Ghannouchi à se présenter au palais de Carthage pour annoncer l’application de l’article 56 a probablement évité que le pays ne tombe aux mains des militaires.
Le plan des américains était simple, provoquer la chute de Ben Ali en attisant la révolte et en créant le chaos, faire prendre le pouvoir par les militaires momentanément et finalement organiser des élections « démocratiques et transparentes » pour rendre le pouvoir aux civils, soit les hommes de Ltaïef et les Ex-Rcdistes ou destouriens, peu importe comment ils s’appellent. Après le 14 Janvier, il s’agissait d’organiser des présidentielles et je pense que la compétition aurait été entre Kamel Morjene et Ahmed Nejib Chebbi.
Les Américains et Kamel Ltaïef, croyaient qu’il suffisait de dégager Ben Ali et de mettre en prison les trabelsi et leurs alliés les plus proches (Ennemis mortels de Ltaïef) pour que le peuple se calme et pour que la vie reprenne comme si rien ne s’était passé, mais ils ont eu droit à une surprise de taille, le peuple a refusé tout ce qui lui a été proposé, a appelé à une constituante et surtout ne voulait plus du RCD, bref, le plan envisagé est tombé à l’eau.
Alors que le peuple manifestait contre le RCD, Ghannouchi, ses gouverneurs et les caciques de l’ancien régime, les bourgeois qui se sont alliés à ZABA par les liens du sang ont réagi et ont introduit rapidement avec l’aide du gouvernement français leurs pions dans notre gouvernement, il s’agit bien sûr des Haouas, Yessine Brahim et compagnie, les Mabrouks, avec leurs familles par alliance, Chiboub, Jilani, etc ont voulu s’assurer l’impunité et avec leurs alliés en France ont tout fait pour l’obtenir. Hakim El Karoui est en effet à la fois très proche de la droite française de Sarkozy et de Marouène Mabrouk et a très bien manœuvré pour faire d’une pierre deux coups : D’une part offrir au gouvernement français des portefeuilles ministériels et pas des moindres pour avoir « un œil » sur la prise de décision en Tunisie et d’autre part protéger Marouène Mabrouk, c’était bien joué, je l’admets.
Après la chute du deuxième gouvernement de Ghannouchi, il a fallu trouver autre chose pour faire croire au peuple que ses revendications ont été prises en compte. « Les décideurs » ont alors sorti Béji Caïed Sebssi de leur chapeau magique. Au début, ce dernier avait fait fort bonne impression et il nous a tous donné l’illusion qu’il était bien déterminé à rompre avec le passé et à réellement nous diriger vers une Tunisie nouvelle. Le sit-in d’Al Kasba 2 a été levé et on a tous été satisfaits par la décision prise d’organiser des élections pour une constituante.
Malheureusement, les jours sont passés, puis les mois et rien n’a été fait. Le gouvernement n’a pris que de mauvaises décisions et a démontré clairement que pour lui Ben Ali est parti, les trabelsis sont en prison et point barre. La vie doit reprendre son cours avec les mêmes acteurs que précédemment.
Il apparaît clairement, que le plan du gouvernement est de dissoudre petit à petit la colère du peuple ainsi que les preuves contre les anciens responsables corrompus tout en s’assurant que les élections du 23 Octobre redonneront une place importante aux anciens du RCD.
Pour ceci le gouvernement s’appuie sur quatre atouts principaux :
1- La loi électorale de la constituante : Cette loi électorale est le principal atout du gouvernement, en effet, elle permet de garantir aux « décideurs » deux conditions nécessaires pour la remise sur pieds du RCD : La première est de favoriser les partis politiques par rapport aux indépendants puisqu’ils ont prévu que le RCD allait donner naissance à des dizaines de partis politiques et la deuxième est de favoriser les petits partis politiques par la règle des plus grands restes, puisque les nouveaux partis du RCD vont être très petits.
2- L’argument sécuritaire : Le gouvernement crée intentionnellement une situation sécuritaire très fragile et l’utilise pour discréditer la révolution et salir les révolutionnaires, en effet, il essaie de faire croire que les révolutionnaires sèment le chaos et ne sont que des hors la loi anarchistes et incultes.
3- L’argument économique : Le gouvernement veut nous faire croire que le pays est ruiné et que la situation économique est catastrophique et qu’on risque de ne plus avoir de quoi nous acheter à manger. Pour accroitre ce sentiment il laisse les prix s’envoler et n’exerce aucun contrôle pour les maîtriser tout en criant partout à la crise.
4- Les Médias : Le contrôle des médias officiels et la discréditation des médias alternatifs : le gouvernement tient tous les médias et 8 mois après la révolution nous avons toujours les mêmes chaines télé et radios qu’avant le 14 Janvier. Où sont les nouvelles chaines présumées aux quelles le gouvernement a attribué des licences ?
Sur Facebook, des milliers de faux profils se sont créés dans le seul but de diffuser des rumeurs et de contrer les révolutionnaires en les traitant d’islamistes et d'attardés, ils sont très bien organisés et présents sur toutes les pages et tous les groupes.
Le plan du gouvernement et des « décideurs » est bien ficelé et permettra, si on ne fait pas attention de mettre à nouveau le pouvoir entre les mains des RCDistes. Nous sommes bien partis pour arriver à des résultats aux élections du type :
Nahdha : 16 %
PDP : 13 %
Ettakattol : 11%
CPR : 9%
POCT : 7%
Ettajdid : 5%
Autres (RCDistes): 39%
Quand on sait que le PDP et Ettajdid sont toujours prêts à négocier pourvu qu’ils obtiennent une place au pouvoir, alors il est clair que le RCD pourra contrôler la plupart des voix de l’assemblée constituante et permettra à tous ceux qui ont contribué à piller le pays et à le corrompre d’échapper à la justice.
Si le plan du gouvernement et des « Décideurs » réussit, alors nous en avons encore pour 20 ans en période de transition démocratique et la dictature perdurera encore.
Les hommes d’affaires, débarrassés des trabelsi et ZABA, veulent bien que les RCDistes et « Destouriens », légèrement nettoyés et relookés reprennent la Tunisie en main, comme ils ont dans leur majorité profité de l’ancien régime, alors ils ne veulent pas vraiment que des enquêtes sérieuses soient ouvertes, c’est pour ça qu’ils soutiennent presque tous des partis comme Al Watan, l’initiative, etc.
Il apparaît donc clairement, que tout a été fait et planifié pour permettre au RCDistes de reprendre le pouvoir, que peut faire le peuple pour contrecarrer le plan du gouvernement et des « Décideurs » ?
Notre marge de manœuvre est très réduite et se limite à deux axes :
1- La vigilance, les manifestations pacifiques et les sit-in pour faire pression sur le gouvernement et lui faire comprendre que nous sommes déterminés sur le long terme.
2- Voter massivement le 23 Octobre pour l’un des partis suivants : CPR, POCT et en deuxième lieu pour Ettakattol, les 3 seuls partis qui me paraissent assez indépendants et sincères.
En conclusion, le peuple tunisien se trouve actuellement confronté aux forces suivantes :
- Américains, français, algériens, etc qui préfèrent une dictature molle en Tunisie qui garantisse la non accession au pouvoir des islamistes et qui préserve leurs intérêts stratégiques et économiques dans la région.
- Les grands hommes d’affaires et la haute bourgeoisie tunisienne, y compris des cadres supérieurs de l’état qui veulent échapper à la justice et garantir leur impunité et celle de leurs amis et proches.
- La majorité absolue des partis politiques qui veulent accéder au pouvoir et se mettre au service des deux forces citées ci-haut. En effet, les partis politiques actuellement en Tunisie sont soit des dérivés du RCD, soit formés et/ou financés par les hommes d’affaires et autres forces étrangères pour défendre leurs intérêts.
Nous, le peuple, sommes seuls confrontés aux grandes puissances de ce monde et de la Tunisie, croyez vous qu’on sera assez malins pour déjouer les plans des antirévolutionnaires ?
Ça risque d’être difficile, long et agité, tout dépend de nous, nous devons nous unir contre eux comme ils se sont unis contre nous. Le 23 Octobre votons, mais ne votons pas comme ils l’avaient espéré, votons autrement.
Pour moi, le départ de Ben Ali a été envisagé et planifié par les américains et français bien avant le 14 janvier et des remplaçants éventuels ont été désignés.
Les télégrammes dévoilés par Wikileaks démontrent bien que les américains ne pouvaient plus travailler avec Ben Ali et qu’ils méprisaient les trabelsis profondément. Kamel Ltaïef est très proche des américains et a toujours bénéficié de leur protection.
Côté français, le rejet de ben Ali n’était pas à l’ordre du jour et ils pensaient qu’il allait continuer à diriger la Tunisie, au moins jusqu’en 2019, mais les hautes sphères du pouvoir en France étaient harcelées par les opposants tunisiens en Europe et les scandales successifs impliquant les Ben Ali / Trabelsi commençaient à être fort gênants.
En réalité, Ben Ali et sa famille n’étaient pas acceptés par la haute bourgeoisie de la Tunisie. Bien que la plupart des grands hommes d’affaires ait profité des largesses du régime et bien contribué à la généralisation de la corruption dans le pays, ils en étaient dégoutés en leur fort intérieur et la féroce cupidité des trabelsi les effrayait par rapport à leur avenir et sécurité économique.
La bourgeoisie tunisienne et la sphère des grands hommes d’affaires s’est divisée en trois parties.
1- Les hommes d’affaires intouchables par leurs influence économique internationale et totalement éloignés de la politique qui n’ont jamais voulu se rapprocher des Ben Ali et compagnie (exmple : le groupe Elloumi, Poulina, etc) et les petits entrepreneurs qui travaillaient honnêtement et qui se contentaient de payer le 2626 sans essayer de faire partie ni d’une association ni d’une cellule du RCD.
2- Les hommes d’affaires ayant ouvertement choisis de s’allier par les liens du sang à la famille « régnante » qu’ils ont jugée éternelle et définitivement faisant partie de la haute bourgeoisie et du milieu des affaires en Tunisie (Jilani, chiboub, Mabrouk, …)
3- Les hommes d’affaires opportunistes qui sans être proches des Ben Ali / Trabelsi ont quand même profité du système à travers leurs sbires et étaient prêts à aller encore plus loin dans la corruption et les magouilles.
En fait dans tous les milieux et partout en Tunisie, Ben Ali n’était pas respecté, mais craint. Il ne disposait en effet que du soutien de quelques milliers de RCDistes faibles d’esprit et très manipulables comme la fameuse avocate de « Allahou Ahad Allahou Ahad, Ben Ali ma kifou 7ad » Que dieu lui vienne en aide.
Pour synthétiser, la Tunisie est arrivée à une situation très propice à la révolution qui a commencé depuis 2008 avec les évènements du bassin minier. Ben Ali avait perdu le respect du peuple, le soutien d’une grande partie des hommes d’affaires et de la bourgeoisie, le soutien des américains et la confiance des français.
Je me rappelle avant le 14 Janvier sur Facebook, un présumé membre des forces armées avait posté un texte ou il disait : « Le peuple doit envahir les rues partout en Tunisie, pour que les militaires puissent mettre Ben Ali dehors ». Nous savons tous que Rachid Ammar est très proche des américains et nous savons aussi que les américains n’avaient plus envie de travailler avec Ben Ali, c’est pour ça que je pense qu’un coup d’état militaire était en préparation.
Le hic, c’est que le coup d’état n’était pas prévu pour le 14 Janvier et le départ de Ben Ali a été totalement non planifié. Je ne sais pas qui a pris l’initiative d’appeler Mohamed Ghannouchi, abdallah Kallel et Foued Mbaza3 afin qu'ils annoncent la vacance du pouvoir et l’application de l’article 56 de la constitution, mais il est certain que la sécurité présidentielle et Ali Seryati n’étaient pas derrière la tentative de coup d’état sinon ils auraient interdit l’accès à Ghannouchi et compagnie et les auraient peut être même arrêtés, au contraire, ils les ont laissé accéder au palais de Carthage et bénéficier d’une transmission télévisuelle.
Ben Ali s’est donc envolé vers l’Arabie Saoudite avec sa femme, dès que l’avion a quitté l’espace aérien tunisien, la décision a été prise pour qu’il ne revienne plus en Tunisie et a été transmise à Ghannouchi, au gouvernement tunisien et à l’Arabie Saoudite. Mais qui a pris cette décision ? Qui a décidé que Ben Ali ne reviendrait plus en Tunisie ? Pour ma part, je pense qu’en premier lieu, ce sont les américains après concertation avec l’armée et la France. Rachid Ammar s’est ensuite chargé d’exécuter les ordres et de ne plus permettre à Ben Ali de revenir en Tunisie.
La nuit du 13 janvier, alors que Ben Ali venait de finir son discours promettant monts et merveilles aux tunisiens, les snipers sévissaient toujours et les vidéos des victimes pleuvaient sur le net.
Je pense sincèrement que les snipers et pour bien les distinguer, il ne s’agit pas des simples policiers qui ont tiré depuis leurs voitures ou à pieds, mais bien des snipers qui sont même arrivés à toucher des cibles, alors qu’elles étaient chez elles, derrière les fenêtres. La mission des snipers n’était pas de mater les manifestants, au contraire, ils faisaient tout pour raviver les foules et accroitre leur rage afin de fragiliser encore plus Ben Ali. Les snipers faisaient partie du plan du coup d’état et je dirais qu’ils faisaient partie de l’armée et pas de la police.
Autre chose, le 14 Janvier et comme par hasard, le même jour, toutes les maisons et résidences des trabelsi et Ben Ali ont été prises d’assaut sans que l’armée n’intervienne, est-ce un hasard ?
Il est donc évident qu’un coup d’état imprévu a eu lieu le 14 janvier et que la garde présidentielle, en appelant Ghannouchi à se présenter au palais de Carthage pour annoncer l’application de l’article 56 a probablement évité que le pays ne tombe aux mains des militaires.
Le plan des américains était simple, provoquer la chute de Ben Ali en attisant la révolte et en créant le chaos, faire prendre le pouvoir par les militaires momentanément et finalement organiser des élections « démocratiques et transparentes » pour rendre le pouvoir aux civils, soit les hommes de Ltaïef et les Ex-Rcdistes ou destouriens, peu importe comment ils s’appellent. Après le 14 Janvier, il s’agissait d’organiser des présidentielles et je pense que la compétition aurait été entre Kamel Morjene et Ahmed Nejib Chebbi.
Les Américains et Kamel Ltaïef, croyaient qu’il suffisait de dégager Ben Ali et de mettre en prison les trabelsi et leurs alliés les plus proches (Ennemis mortels de Ltaïef) pour que le peuple se calme et pour que la vie reprenne comme si rien ne s’était passé, mais ils ont eu droit à une surprise de taille, le peuple a refusé tout ce qui lui a été proposé, a appelé à une constituante et surtout ne voulait plus du RCD, bref, le plan envisagé est tombé à l’eau.
Alors que le peuple manifestait contre le RCD, Ghannouchi, ses gouverneurs et les caciques de l’ancien régime, les bourgeois qui se sont alliés à ZABA par les liens du sang ont réagi et ont introduit rapidement avec l’aide du gouvernement français leurs pions dans notre gouvernement, il s’agit bien sûr des Haouas, Yessine Brahim et compagnie, les Mabrouks, avec leurs familles par alliance, Chiboub, Jilani, etc ont voulu s’assurer l’impunité et avec leurs alliés en France ont tout fait pour l’obtenir. Hakim El Karoui est en effet à la fois très proche de la droite française de Sarkozy et de Marouène Mabrouk et a très bien manœuvré pour faire d’une pierre deux coups : D’une part offrir au gouvernement français des portefeuilles ministériels et pas des moindres pour avoir « un œil » sur la prise de décision en Tunisie et d’autre part protéger Marouène Mabrouk, c’était bien joué, je l’admets.
Après la chute du deuxième gouvernement de Ghannouchi, il a fallu trouver autre chose pour faire croire au peuple que ses revendications ont été prises en compte. « Les décideurs » ont alors sorti Béji Caïed Sebssi de leur chapeau magique. Au début, ce dernier avait fait fort bonne impression et il nous a tous donné l’illusion qu’il était bien déterminé à rompre avec le passé et à réellement nous diriger vers une Tunisie nouvelle. Le sit-in d’Al Kasba 2 a été levé et on a tous été satisfaits par la décision prise d’organiser des élections pour une constituante.
Malheureusement, les jours sont passés, puis les mois et rien n’a été fait. Le gouvernement n’a pris que de mauvaises décisions et a démontré clairement que pour lui Ben Ali est parti, les trabelsis sont en prison et point barre. La vie doit reprendre son cours avec les mêmes acteurs que précédemment.
Il apparaît clairement, que le plan du gouvernement est de dissoudre petit à petit la colère du peuple ainsi que les preuves contre les anciens responsables corrompus tout en s’assurant que les élections du 23 Octobre redonneront une place importante aux anciens du RCD.
Pour ceci le gouvernement s’appuie sur quatre atouts principaux :
1- La loi électorale de la constituante : Cette loi électorale est le principal atout du gouvernement, en effet, elle permet de garantir aux « décideurs » deux conditions nécessaires pour la remise sur pieds du RCD : La première est de favoriser les partis politiques par rapport aux indépendants puisqu’ils ont prévu que le RCD allait donner naissance à des dizaines de partis politiques et la deuxième est de favoriser les petits partis politiques par la règle des plus grands restes, puisque les nouveaux partis du RCD vont être très petits.
2- L’argument sécuritaire : Le gouvernement crée intentionnellement une situation sécuritaire très fragile et l’utilise pour discréditer la révolution et salir les révolutionnaires, en effet, il essaie de faire croire que les révolutionnaires sèment le chaos et ne sont que des hors la loi anarchistes et incultes.
3- L’argument économique : Le gouvernement veut nous faire croire que le pays est ruiné et que la situation économique est catastrophique et qu’on risque de ne plus avoir de quoi nous acheter à manger. Pour accroitre ce sentiment il laisse les prix s’envoler et n’exerce aucun contrôle pour les maîtriser tout en criant partout à la crise.
4- Les Médias : Le contrôle des médias officiels et la discréditation des médias alternatifs : le gouvernement tient tous les médias et 8 mois après la révolution nous avons toujours les mêmes chaines télé et radios qu’avant le 14 Janvier. Où sont les nouvelles chaines présumées aux quelles le gouvernement a attribué des licences ?
Sur Facebook, des milliers de faux profils se sont créés dans le seul but de diffuser des rumeurs et de contrer les révolutionnaires en les traitant d’islamistes et d'attardés, ils sont très bien organisés et présents sur toutes les pages et tous les groupes.
Le plan du gouvernement et des « décideurs » est bien ficelé et permettra, si on ne fait pas attention de mettre à nouveau le pouvoir entre les mains des RCDistes. Nous sommes bien partis pour arriver à des résultats aux élections du type :
Nahdha : 16 %
PDP : 13 %
Ettakattol : 11%
CPR : 9%
POCT : 7%
Ettajdid : 5%
Autres (RCDistes): 39%
Quand on sait que le PDP et Ettajdid sont toujours prêts à négocier pourvu qu’ils obtiennent une place au pouvoir, alors il est clair que le RCD pourra contrôler la plupart des voix de l’assemblée constituante et permettra à tous ceux qui ont contribué à piller le pays et à le corrompre d’échapper à la justice.
Si le plan du gouvernement et des « Décideurs » réussit, alors nous en avons encore pour 20 ans en période de transition démocratique et la dictature perdurera encore.
Les hommes d’affaires, débarrassés des trabelsi et ZABA, veulent bien que les RCDistes et « Destouriens », légèrement nettoyés et relookés reprennent la Tunisie en main, comme ils ont dans leur majorité profité de l’ancien régime, alors ils ne veulent pas vraiment que des enquêtes sérieuses soient ouvertes, c’est pour ça qu’ils soutiennent presque tous des partis comme Al Watan, l’initiative, etc.
Il apparaît donc clairement, que tout a été fait et planifié pour permettre au RCDistes de reprendre le pouvoir, que peut faire le peuple pour contrecarrer le plan du gouvernement et des « Décideurs » ?
Notre marge de manœuvre est très réduite et se limite à deux axes :
1- La vigilance, les manifestations pacifiques et les sit-in pour faire pression sur le gouvernement et lui faire comprendre que nous sommes déterminés sur le long terme.
2- Voter massivement le 23 Octobre pour l’un des partis suivants : CPR, POCT et en deuxième lieu pour Ettakattol, les 3 seuls partis qui me paraissent assez indépendants et sincères.
En conclusion, le peuple tunisien se trouve actuellement confronté aux forces suivantes :
- Américains, français, algériens, etc qui préfèrent une dictature molle en Tunisie qui garantisse la non accession au pouvoir des islamistes et qui préserve leurs intérêts stratégiques et économiques dans la région.
- Les grands hommes d’affaires et la haute bourgeoisie tunisienne, y compris des cadres supérieurs de l’état qui veulent échapper à la justice et garantir leur impunité et celle de leurs amis et proches.
- La majorité absolue des partis politiques qui veulent accéder au pouvoir et se mettre au service des deux forces citées ci-haut. En effet, les partis politiques actuellement en Tunisie sont soit des dérivés du RCD, soit formés et/ou financés par les hommes d’affaires et autres forces étrangères pour défendre leurs intérêts.
Nous, le peuple, sommes seuls confrontés aux grandes puissances de ce monde et de la Tunisie, croyez vous qu’on sera assez malins pour déjouer les plans des antirévolutionnaires ?
Ça risque d’être difficile, long et agité, tout dépend de nous, nous devons nous unir contre eux comme ils se sont unis contre nous. Le 23 Octobre votons, mais ne votons pas comme ils l’avaient espéré, votons autrement.

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