dimanche 2 octobre 2011

Et si ZABA avait réussi à se maintenir jusqu'en 2014

Bien avant le 14 Janvier et dès la fin du mois de Décembre les revendications populaires n’étaient plus simplement de pourvoir le peuple en emplois et de lui donner plus de dignité, mais étaient devenus carrément révolutionnaires et le peuple appelait à juger la bande de voleurs et le sanguinaire qui leur servait de chef.عصابة السراق
Partout en Tunisie, la rue appelait à l’arrestation de Ben Ali et à son jugement, lui et sa famille se faisaient insulter ouvertement par le peuple et le portrait de ZABA était arraché et brûlé partout.
Nous étions sûrement des centaines de milliers à nous relayer sur tout le territoire, les uns sur le terrain, les autres derrières leurs écrans et parfois on s’activait à la fois sur le terrain et derrière nos écrans. Nous étions gonflés à bloc d’adrénaline et nous devions absolument faire circuler l’information et pousser tous les tunisiens à réagir par rapport à la violence et à la tuerie orchestrée par les autorités. 24/24, nous avons partagé des liens vers des serveurs proxy, nous avons téléchargé des vidéos sur nos téléphones pour pouvoir les montrer dans la rue à tous ceux qui n’avaient pas internet, nous avons bombardé jour et nuit toutes les pages populaires et qui rassemblent un grand nombre de Fans de publications appelant à l’arrestation de Ben Ali, Bref, nous avons tout fait pour provoquer et alimenter le soulèvement du peuple et pour nous, il n’était plus question que Ben Ali reste, c’était inenvisageable.
Bien sûr, comme tout le monde, nous ne savions pas que Ben Ali allait partir le 14 Janvier 2011, on était même très loin de nous en douter et personnellement je m’apprêtais à une résistance sur le long terme.
On était très conscients des risques qu’on prenait et on savait que si on se faisait attraper, le système nous réservait le pire des châtiments. Nous étions assez bien protégés derrière nos proxy, mais nous savions que si Ben Ali arrive à calmer le jeu et à se maintenir au pouvoir, les filcs, une fois l’ordre revenu, auraient eu le temps de remonter jusqu’à nous et de nous arrêter 1 à 1.
La nuit du 13 Janvier a été très importante et la démonstration de joie populaire qu’a voulu mettre en scène le RCD, ajoutée aux réactions de la plupart des partis politiques qui étaient prêts à se laisser embobiner par Ben Ali m’ont fait froid dans le dos et j’ai cru un instant que ZABA allait réussir à obtenir un sursis, ce qui nous aurait été fatal à tous.
J’ai passé la nuit du 13 Janvier toute entière à pousser les gens à ne pas croire aux paroles mensongères de ZABA, j’essayais de leur expliquer qu’il était impossible à Ben Ali d’organiser des réformes et d’enquêter sur sa propre famille et qu’il ne fallait pas oublier les quelques centaines de morts et de blessés. Quand les vidéos des voitures de location du RCD ont été diffusées et quand on s’est rendu compte que les manifestations de joie, n’étaient qu’une mise en scène ridicule du RCD, nous avons repris confiance et nous avons continué à partager les vidéos des martyrs qui continuaient à tomber pendant la nuit et nous avons appelé tout le monde à envahir les rues le fameux 14 Janvier.
A dix heures du matin nous étions tous en face du ministère de l’intérieur et nous ne savions pas encore que Ben Ali allait partir, la suite vous la connaissez, les flics ont dispersé la foule à coups de matraques et de gaz lacrymogènes et l’état d’urgence a été annoncé avec le couvre feu à 17h.
Toutes les propriétés immobilières ou presque des trabelsi et compagnie ont été saccagées et les émeutes se sont aggravées. L’après midi même, on apprend le départ de ZABA et ce fut un véritable soulagement. Personnellement, je n’ai réellement soufflé que le Samedi matin, quand l’application de l’article 57 a été annoncée, là, j’avais compris que nous avions gagné.
Bientôt, nous allons voter pour une assemblée constituante et croyez le ou pas, jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore fêté la révolution comme il se doit, parce que je considère que nous n’avons pas encore gagné.
Nous aurons gagné, quand nous élirons des femmes et des hommes qui nous représentent réellement et qui travaillent pour le bien de la Tunisie avec toutes leurs forces. Nous aurons gagné quand nous aurons réalisé la justice transitionnelle, démantelé les circuits de la corruption et de la contre bande et mis sur pied un véritable état de droit.
Le vote du 23 Octobre scellera le sort de la révolution tunisienne, en supposant que les élections se déroulent correctement et ne fassent pas l’objet de tricherie.
Pour ma part, je ne voterai pour aucun des hommes politiques qui m’avaient condamné à mort le 13 Janvier après le discours de Ben Ali. Comme à leur habitude et espérant accéder à un poste dans un gouvernement fantomatique, ces hommes politiques, non seulement en acceptant le discours de Ben Ali du 13 Janvier, avaient sacrifié tous les révolutionnaires actifs, mais et c’est encore plus grave, avaient également sacrifié les centaines de morts et de blessés victimes de la répression aveugle.
- Ahmed Néjib Echabbi

- Kamel Morjene

- Ahmed Brahim

- Mustapha Ben Jaafer (Qui a quand même émis des réserves)

- Bochra bel Hadj Hamida

- Abdelwaheb El Héni

- Etc. Complétez la liste si vous en connaissez encore.
Tous ceux que je viens de lister (Il y en a sûrement d’autres) ne devraient plus faire de la politique, car le 13 Janvier, ils ont prouvé qu’ils étaient prêts à négocier et à sacrifier des vies humaines pour des ambitions politiques étroites. Aucun d’entre eux n’a osé protester avant le 14 janvier, nous n’avons enregistré aucune démission d’un ministre ou d’un député, bref ils étaient tous jusqu’au bout avec Ben Ali.
J’exhorte tous les tunisiens à faire comme moi et de ne pas donner leurs voix pour ceux qui étaient prêts à nous vendre et à nous trahir le 13 janvier. Ils disent tous qu’ils n’avaient pas prévu le départ de Ben Ali et qu’ils ont été pris de court. Il faut leur répondre que nous non plus nous n’avions pas prévu le départ de Ben Ali le 14 Janvier, mais nous l’avons tout simplement décidé dans nos têtes et nous savions qu’en tenant bon, tôt ou tard, nous réussirons à le mettre dehors.

Chers hommes politiques qui avez été fidèles à Ben Ali jusqu’à la dernière minute, vous avez trahi votre peuple et vous n’êtes pas dignes de le représenter dans l’assemblée constituante, nous, les actifs de facebook, nous nous engageons à tout faire pour vous empêcher d’arriver au pouvoir et nous vous montrerons que nous ne vous pardonnons pas d'avoir laissé passer la chance que nous vous avons donné en vous offrant cette révolution, malheureusement vous n’avez pas saisi cette chance et vous nous avez trahi.
Je dis à Borhen Bsaiess et à tous ses semblables du sommet de la pyramide jusqu’à sa base que nous n’oublions pas qu’ils étaient prêts à vendre nos vies pour les beaux yeux de ZABA et pour un poste hypothétique et souillé dans le gouvernement.
Nous avons fait confiance à ces hommes politiques et nous leur avons confié notre sort même après leur déclarations du 13 Janvier, mais malheureusement depuis cette date et jusqu’à maintenant ils n’ont pas cessé de nous démontrer qu’ils étaient totalement indignes de notre confiance. Nous ne les avons vu dans aucune des manifestations importantes et à aucun moment ils ne se sont mis du côté du peuple, certains d’entre eux ont même rejoint ouvertement le camp de la contre révolution.
Nous, les actifs de Facebook qui avons fait la révolution et tous nos frères et sœurs qui ont risqué leurs vies et leurs familles pour cette cause, nous avons fait le serment d’être toujours du côté de la vérité et de la transparence.
Je promets à tous ces hommes politiques véreux qui ont accepté de nous vendre à ZABA en l’applaudissant le 13 Janvier et même après, qu’ils n’auront que des miettes dans la constituante et même si nous sommes dépourvus de leadership, nous avons une arme que vous n’arriverez jamais à comprendre, nous sommes unis autour de la vérité. Vous avez essayé de toutes vos forces de polluer Facebook, de diviser les pages et de les décrédibiliser en disant qu’elles ont été achetées par des partis politiques, etc. Même si c’est vrai en partie, mais les principaux activistes sont toujours mobilisés comme au premier jour et dans les 20 Jours qui arrivent, nous allons travailler 24/24 pour vous empêcher d’accéder au pouvoir, nous sommes tous d’accord sur ce point sans aucun doute possible. Nous vous prouverons qu’en finalité c’est nous qui décidons et que vous êtes punis, vous avez définitivement perdu notre confiance.
Il reste 20 Jours Messieurs pour les élections et le rouleau compresseur va se mettre en marche pour que personne ne vote pour vous. Rendez-vous dans 21 Jours.

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